Expertise Talend

Consultant Senior Talend

1 juin 2022

Le développement n’est pas là où se joue le projet

Sur un projet d’intégration, écrire les jobs représente une part minoritaire du temps et une part encore plus faible du risque. Ce qui fait déraper un projet, c’est presque toujours en amont ou à côté : un besoin mal cadré, une volumétrie découverte trop tard, une source dont personne ne maîtrise la qualité, un environnement de recette livré trois semaines après la date prévue.

C’est là qu’un consultant senior se distingue d’un développeur confirmé. Pas sur le nombre de composants qu’il connaît.

Ce qu’il fait concrètement

Il cadre un besoin qui arrive flou

Une demande arrive rarement sous forme d’exigences. Elle arrive sous forme de « il nous faudrait remonter les commandes du portail dans le décisionnel ». Le travail consiste à en tirer ce qui engage : quelles données exactement, à quelle fréquence, quel système fait foi en cas de désaccord, que fait-on des rejets, qui valide.

Nous publions les modèles que nous utilisons pour ce cadrage dans notre boîte à outils : ce sont les mêmes documents que ceux produits en mission.

Il chiffre en disant ce qu’il ne sait pas encore

Un chiffrage honnête sépare ce qui est estimé de ce qui est supposé. « 12 jours si la source expose une API, 25 s’il faut passer par des extractions de fichiers » vaut mieux qu’un chiffre unique qui sera faux. Les hypothèses écrites sont ce qui permet de renégocier sans conflit quand la réalité diffère.

Il arbitre ce qu’on ne fera pas

C’est la partie la plus utile et la moins confortable. Sur un budget donné, tout n’entrera pas. Dire lesquelles des demandes sortent du périmètre, et pourquoi, protège le projet mieux qu’un accord de principe suivi d’un dérapage.

Cela vaut aussi vis-à-vis de nous-mêmes : quand un besoin ne relève pas de Talend, ou pas de l’intégration, le dire coûte une mission et évite un échec.

Il conçoit pour l’exploitation, pas pour la recette

Un flux qui passe la recette et qu’on ne peut pas relancer en production est un flux raté. Le consultant senior pose les questions d’exploitation pendant la conception : reprise après incident, isolement des rejets, message d’erreur exploitable par un niveau 1, purge, supervision.

Il documente pour la reprise

Dossier d’architecture, dossier d’exploitation, consignes de relance. Le critère de qualité n’est pas le volume produit : c’est qu’une personne extérieure au projet puisse reprendre un traitement en échec, la nuit, sans appeler personne.

Il signale tôt quand ça dérape

Un projet qui glisse le fait par petites quantités, longtemps avant que ce ne soit visible dans le planning. Remonter un signal faible au bon moment, même quand ça n’arrange personne, fait partie du travail. Un consultant qui ne dit jamais de mauvaise nouvelle n’est pas un bon signe.

Ce que vous devriez vérifier avant d’engager quelqu’un

Quelques questions qui séparent rapidement les profils :

  • Sur votre dernier projet, qu’est-ce qui s’est mal passé ? Une réponse précise vaut mieux qu’un parcours sans accroc.
  • Comment relance-t-on un traitement en échec sur ce que vous avez livré ? S’il n’y a pas de procédure écrite, il n’y en aura pas non plus chez vous.
  • Quelle volumétrie sur le dernier flux livré, et dans quelle fenêtre ? Les chiffres viennent vite quand l’expérience est réelle.
  • Qu’avez-vous refusé de faire, et pourquoi ? La capacité à arbitrer se raconte.

Comment nous travaillons

Le consultant qui cadre est celui qui livre. Vous n’avez pas un profil expérimenté en avant-vente puis un profil junior en réalisation, et vous gardez le même interlocuteur du premier échange à la mise en production. C’est aussi ce qui nous oblige à chiffrer honnêtement : nous vivons avec nos propres estimations.

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